COMMENT RÉDIGER LE BUSINESS PLAN PARFAIT... EN 7 POINTS (2e partie)

Par Amandine Falaize - 5 juin 2015

En première partie, nous avons vu qu’un bon business plan est un document qui démontre l’existence d’un besoin non satisfait sur un marché donné, avec une solution pertinente pour y répondre (1). C’est aussi une présentation du coût de votre projet et de vos besoins de trésorerie (2). L’un de ses intérêts réside dans la démonstration d’une création de valeur économique et/ou sociale (3). Enfin, le projet ne peut être jugé satisfaisant que dans la mesure où il vous ressemble (4).

Voyons maintenant les trois autres critères qui permettent de d’élaborer un business plan de qualité.

5- Le business plan parfait met en évidence votre capacité à identifier et gérer les risques entrepreneuriaux.

Tout projet présente des risques. Ils peuvent être dus à vos propres faiblesses ou à des facteurs externes à votre organisation. Un bon entrepreneur est une personne capable de se poser la question du risque (plutôt que de l’ignorer) et de chercher à le gérer (plutôt que de l’éviter). Si par exemple votre faiblesse consiste dans votre incapacité à vendre quoi que ce soit, parce que vous êtes un très mauvais commercial… surtout n’ignorez pas le problème ! Mettez en avant le fait que vous avez identifié cette lacune, et indiquez ce que vous ferez pour y remédier : vous former ou embaucher une force de vente. Le risque zéro n’existe pas, et vous ne pourrez pas non plus lister l’ensemble des menaces existantes dans votre business plan… Mais l’objectif est d’aborder les principaux éléments susceptibles de vous affecter, afin de démontrer que vous êtes un (futur) manager prudent et réfléchi. Cela rassurera votre entourage et vos partenaires d’affaires.

6- Le business plan parfait est agréable à lire, tant sur la forme que sur le fond.

Ne négligez jamais la forme de votre document. La forme contribue à donner à votre travail une image professionnelle. Un document truffé de fautes d’orthographe démontre un manque de sérieux ou de rigueur dans le travail. Au contraire, un document bien écrit et correctement illustré (voire mis en forme par un graphiste) vous permet de faire très bonne impression dès les premières minutes. Vous ne concevez pas de vous rendre en entretien d’embauche habillé en pyjama… et bien c’est un peu pareil pour un business plan : mieux vous l’habillez, plus il donne envie d’être lu !


Le business plan est d’autant plus agréable à découvrir que sa taille et son contenu répondent aux besoins de son destinataire. Autrement dit, il doit exister plusieurs versions de votre business plan. La version la plus complète vous est destinée : c’est le fruit de vos recherches, l’aboutissement de votre travail. Mais un banquier, par exemple, n’a pas besoin de connaître tout le détail de votre plan marketing : certes, il lui faut un minimum d’information sur qui vous êtes, ce que vous souhaitez vendre et à qui, mais l’information sur laquelle il s’attardera est votre projection financière. En revanche, un partenaire potentiel s’intéressera plutôt à votre proposition de valeur-client et à votre plan marketing; votre projet contient des informations de nature confidentielle qu’il n’est pas nécessaire de lui communiquer. A vous donc d’adapter votre document pour créer une version épurée correspondant aux besoins de votre lecteur.


7- Le business plan parfait présente un projet éprouvé.

Vous ne pouvez pas faire l’économie de critiques constructives ! Vous voulez savoir ce que vaut votre document ? Faites-vous accompagner par un professionnel de la création d’entreprise, ou soumettez au moins votre document à sa relecture. Sans pouvoir prédire si vous réussirez ou pas (ce n’est pas son rôle), il pourra au moins vous faire un retour critique sur la construction de votre business plan, son caractère réaliste, l’existence de points obscurs ou de projections fantaisistes… ou au contraire les points positifs à développer dans le document, des informations sur le marché auxquelles vous n’auriez pas pensé, un contact qui pourrait vous apporter une aide utile dans l’avancement du projet. L’intervention d’un professionnel renforce par ailleurs votre crédibilité auprès d’un banquier et/ou investisseur : le fait d’avoir dépensé de l’argent pour vous faire accompagner montre à quel point vous êtes déterminé à créer votre entreprise, cela prouve votre sérieux. Vous n’avez aucun budget ? Et bien présentez au moins votre travail à quelques personnes de votre entourage, à condition qu’elles soient de confiance, compétentes et franches. Tous ces retours, précieux, sont autant d’avis qui vous permettront d’améliorer votre document avant de le soumettre à un investisseur, un banquier ou un partenaire potentiel.


Pour ma part, j’encourage mes clients à aller encore plus loin en déployant ce que j’appelle une « phase bêta ». Concrètement, il s’agit de réaliser un test de concept, en déployant son produit ou service auprès d’un nombre limité de clients et sur une courte période (1 à 6 mois). A l’issue de cette phase bêta, l’entrepreneur fait un bilan d’expérience et analyse les retours clients pour pouvoir peaufiner ses prévisions initiales . 


Mes conseils s’inspirent du domaine informatique, ou un logiciel est souvent diffusé sous forme d’une pré-version (la version « bêta ») auprès d’un nombre restreint d’utilisateurs chargés de le tester et d’en détecter les bugs. Ils empruntent également quelques aspects du « lean startup », méthode que l’on oppose souvent à celle du business plan. L’intérêt de l’approche en « phase bêta » est qu’elle ne nie pas les bienfaits indiscutables de l’exercice du business planning. Bien au contraire, elle permet d’élaborer un business plan plus pertinent, parce que testé auprès d’un marché, réajusté en fonction de son expérience personnelle, des difficultés rencontrées, des nouvelles opportunités décelées, des délais observés, ou des retours clients obtenus… Mais elle permet d’aller plus loin, en donnant vie au business plan. Elle vous permettra de valider votre proposition de concept, d’identifier un nouvel angle pour attaquer votre marché, de découvrir un moyen de produire à moindre coût, d’identifier un partenariat clé auquel vous n’auriez pas pensé, ou de capter les petits « plus » qu’on ne trouve pas dans les études ni dans les publications, ces apports du terrain qui vous permettront de mieux vous démarquer de vos concurrents et assurer votre succès. Et si la phase bêta s’avère concluante, l’entrepreneur n’en sortira que plus fort, parce que porteur d’un projet qu’il pourra présenter comme testé et validé – retours clients écrits à l’appui.


Pour conclure:

Il n’existe pas de modèle unique et transcendantal de business plan parfait. La qualité d’un business plan s’apprécie au regard non seulement du produit ou service dont il est question, mais aussi du(des) porteur(s) du projet. Et dans tous les cas, les choses ne se passeront jamais exactement comme vous l’aurez prévu. Mais vous réussirez l’exercice si vous comprenez qu’on ne rédige pas un business plan uniquement pour les autres (banquier, investisseurs, jury de concours, etc.) : on le rédige avant tout pour soi ! Pour aller jusqu’au bout de son idée, pour murir son projet, pour voir si l’investissement en vaut la peine, pour apprendre à raisonner en chef d’entreprise, pour bien piloter son entreprise une fois créée… Si vous avez compris cela, vous réalisez alors combien il est important de vous investir dans la rédaction de votre business plan, parce que votre investissement personnel influence nécessairement la qualité du document final. Et si le résultat vous convainc, et convainc ceux qui vous conseillent… alors il y a de bonnes chances pour que vous puissiez également convaincre les personnes dont vous avez besoin pour mener votre projet à la réussite !

 

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